samedi 2 juin 2012

6 ans et toutes ses dents !

Aujourd'hui, avec 10 copains, Rudolf fêtait ses 6 ans.
En vrai c'est dans quelques jours, mais quand on aime on ne compte pas les jours.

Donc Rudolf avait invité la crème de la crème : 3 filles et 7 garçons.
Et comme j'avais prévu le soleil, toute la troupe s'est retrouvée au Parc de St Cloud dans une grande prairie arborée. La même prairie qui avait accueillie 1 an plus tôt la journée de séminaire de mon boulot. C'est pas sympa comme souvenir ? ben non en fait, parce que construire une catapulte avec son directeur sous 35° et devoir absolument gagner la compétition du lancé le plus long, c'est pas mon meilleur souvenir de travail.

Mais bon revenons à nos moutons, euh à nos enfants ...

11 enfants lâchés en liberté : LE BONHEUR !
Ils peuvent courrir, crier, sauter, manger salement, rigoler, inventer, se salir ... tout est bon pour s'amuser sans déranger ni les voisins, ni sa maman et son papa par des cris.
Et puis à l'air frais, bizarrement il y a moins de disputes ...
En fait, ils ont surtout construits une cabane et ça occupe bien ...


Mais ça n'est pas de cela dont je voulais vous entretenir ... mais du gâteau d'anniversaire que j'ai confectionné. Plus précisemment les 2 gâteaux aux carambars, carambars fondus ce qui permet de garder toutes ses dents.

 Le gâteau puzzle

Le gâteau Happy Birthday

Et le gâteau aux carambars c'est facile ! et c'est bon !

1 - dans une casserole sur feu doux environ 5 minutes : 125 grs de beurre + 20 carambars + 10 cl de lait.

2 - dans un saladier : 120 grs de sucre + 3 oeufs + 150 grs de farine + 1/2 levure.


3 - mélanger les 2 préparations  et hop dans un moule et au four pendant 40 mns à 180°


Et puis 20 carambars à déballer, c'est 20 occasions de faire de bonnes blagues !!
Kate Manzana


vendredi 1 juin 2012

Michoubidou !

Hier, ma soirée était placée sous le signe de l'humour, de l'extravagance et des paillettes (à gogo les paillettes !) puisque j'ai été invitée ... "chez Michou" ! Oui, le célèbre cabaret, qui fait salle comble et ne désemplit pas depuis plus de 50 ans, sous la houlette et la main de fer de son non moins célèbre personnage haut en couleur, Michou, plus de 80 ans et toujours pétillant, de bleu vêtu, le regard caché derrière ses légendaires et improbables lunettes.


Le cabaret se situe aux pieds de la Butte Montmartre, rue des Martyrs, l'adresse n'a pas changé depuis le début.

Dès qu'on entre "Chez Michou", on est tout de suite dans le ton : de grandes créatures en tablier bleu (le bleu, la couleur fétiche de Michou) nous accueillent, chaleureusement. Faux cils extravagants, bouches rouges et pailletées, le geste souple et le poignet délié, la croupe ondulante. C'est sûr, on se dit qu'on va se marrer.

La salle est très petite (80 couverts quand même tous les soirs) et là aussi la déco n'a pas changé depuis la création du cabaret, ambiance donc très cabaret, miroirs partout, petits luminions rouges et roses, boiseries sombres, dorures, l'endroit est coquet, désuet, très Montmartre. On se serre à nos tables en copinant avec nos voisins : "c'est la première fois que vous venez ? Nous ça fait déjà 4 fois, on adore, vous allez voir, c'est très rigolo".



La scène est cachée derrière le rideau rose, elle a l'air toute petite. On dîne et on boit un peu de champagne. Le spectacle des serveurs-artistes est déjà en soi un régal : ça se déhanche en passant les plats, ça bat des cils en prenant les commandes "et toi mon chou qu'est-ce qui te ferait plaisir en entrée ?". L'ambiance est détendue, un brin familière, l'endroit n'est pas guindé, rien n'est vulgaire, c'est bon enfant.

Puis débute le spectacle après le dîner, le rideau de la scène se lève : c'est effectivement une mini-scène aux murs tout tendus de paillettes. Les artistes se succèdent et rivalisent d'humour, d'auto dérision, "chez Michou", on ne se prend pas au sérieux. Les tenues, les maquillages sont hallucinants, sous nos yeux, ce sont les sosies de Chantal Goya, Dalida, Charles Aznavour, Jeanne Moreau, Arielle Dombasle, Nolween Leroy, Céline Dion, Cher, Whoopi Goldberg, Patricia Kaas, Lady Gaga et bien d'autres qui se succèdent.  Les artistes sont à fond dans leurs rôles, la salle est hilare, tape des mains, en redemande.







Les numéros sont extravagants, saisissants de justesse dans l'imitation. J'ai été totalement bluffée par la prestation des artistes imitant, à la perfection, Patricia Kaas, Céline Dion, Lady Gaga, Jeanne Moreau, Edith Piaf et Charles Aznavour (dans un duo absolument troublant).

Bref, j'ai passé une soirée éclectique, drôle, pas chichiteuse, j'ai beaucoup ri, le champagne était bon et la flamiche (spécialité culinaire du Nord, Michou est ch'ti) délicieuse.


Pam Baileys

mardi 29 mai 2012

Wallis & Edouard, le film



Il ne vous a pas échappé que cette année, le Royaume-Uni fête le Jubilé de diamant de la Reine Elizabeth II. Un sacré bout de règne ! Et si Queenie est depuis tout ce temps (60 ans !) sur le trône d'Angleterre, c'est peut-être grâce (ou à cause, selon le point de vue du lecteur) d'une femme qu'elle a très peu connue : Wallis Simpson.

Wallis Simpson ? Who's that girl ? 

Petit rappel historique : Royaume-Uni,1936. Le jeune roi, Edouard VIII, a accédé au trône il y a peu. Déjà populaire et aimé de son peuple, il n'en est pas moins, côté privé, un noceur, amateur de cocktails, jolies filles, soirées endiablées sur fond de charleston. Son regard croise un jour celui de la très séduisante,  américaine - et mariée - Wallis Simpson. Le coup de foudre est immédiat entre ces deux-là qui bientôt ne se quittent plus, au grand dam de la famille d'Edouard (une américaine ! mariée de surcroît !). La Couronne vascille, le gouvernement s'en mêle, la presse se déchaîne contre l'américaine "dépravée". Edouard VIII tient bon, persiste, s'affiche publiquement avec sa nouvelle bien aimée... toujours mariée. Mais comme en Angleterre tout est question de devoir, plus spécialement lorsque l'on en est le Roi, vient bientôt l'heure des choix, cruciaux. Edouard VIII n'a d'autres choix que ceux-ci : abdiquer et renoncer au trône s'il persiste dans ses amours avec Wallis, ou tirer un trait sur sa belle américaine.



La suite de l'histoire, nous la connaissons tous : ne pouvant renoncer à son amour pour Wallis (qui bientôt divorcera) Edouard VIII abdiquera, et de fait, son frère (cadet et bègue) Bertie - jeune époux d'Elizabeth I - sera couronné à sa place. 

Voici donc comme Elizabeth II est actuellement Reine d'Angleterre, puisque, de fait, sa mère, épouse de Bertie, fut consacrée Reine en son temps.

Quant à Edouard et Wallis, ils furent tout bonnement bannis du Royaume Uni, re-baptisés Duc et Duchesse de Windsor, vécurent toute leur vie en France (ils furent toutefois enterrés, tous deux et l'un à côté de l'autre, à Windsor).

C'est donc ce fait historique que raconte "Wallis & Edouard" : les amours mouvementées, dans les années 30, bouleversées, huées, conspuées, bannies de cette jeune américaine, pugnace et déterminée et de son futur Roi déchu. Parallèlement, dans les années 90, nous suivons l'histoire de Wally, jeune américaine naviguant dans le milieu de l'art, délaissée par son jeune époux psychiatre et alcoolique, en mal d'enfant, se croyant stérile, évoluant dans une non-vie, faite de silence, de vide, d'absence, rêvant du Grand Amour, du Prince Charmant, à la recherche de sa propre identité, passionnée par le mythe Wallis Simpson.





Wallis et Wally : deux jeunes femmes éprises de liberté, d'amour, d'absolu... Au prix de toutes les souffrances. Ces deux destins de femmes se croisent, s'entremêlent et se répondent tout au long du film. Chacune paiera le prix fort pour accéder au bonheur et devra bientôt faire ses propres choix, ses renoncements. Et chacun des personnages abdiquera, d'une certaine façon, pour aller vers une vie meilleure.

Le film est magistralement mis en images, costumes et décors sont d'une incroyable beauté, agrémentés par quelques images d'archives, soutenu par bande originale magnifique. La jeune actrice Andrea Riseborough (qui tient le rôle de Wallis Simpson) est bluffante et porte son rôle à un  haut degré d'émotion.



C'est donc une belle surprise que ce film (très peu donné à Paris), et j'y allais à reculons, puisque, last but not least, il est signé.... Madonna !!! Oui, la Ciccone elle-même ! Pensez si j'étais dubitative ! Mais la Madonne réussi là un très beau film, évite tous les écueils (clichés, erreurs historiques...). "Wallis & Edouard" est un film élégant, émouvant, dégagé de toute considération partisane (ni trop américain, ni trop anglais). Madonna ne prend pas partie, mais élève toutefois Wallis Simpson en égérie féministe, explorant, de façon très ciselée, la psychologie de cette femme que rien n'a épargné.

Pam Baileys

samedi 26 mai 2012

Secrets et mystères de Versailles

De Versailles on connait son château classé au patrimoine mondial de l'humanité. On connait aussi sa réputation de ville bourgeoise, militaire, assez catho ... mais à Versailles il y a des histoires qui nous entraînent dans les mystères de la magie, de l'ésotérisme, parfois de la sorcellerie et aussi dans les méandres des enigmes policières.


Quand je vais à Versailles - ça m'arrive quelques fois - je suis stupéfaite par le poids de l'histoire. La modernité n'a pas sa place même si Jean Jacques Aillagon s'est essayé à l'art contemporrain et cela ne fut pas sans polémique. Souvenez de Koons, de Murakami .... ou de Bernar Venet.




J'avoue être partagée sur l'esthétisme de ses expositions, sauf pour Venet qui reste et restera l'artiste contemporrain (avec Soulages) qui m'émeut le plus. Cependant je reconnais à Aillagon cet esprit lumineux et rebelle qui dépoussière une ville qui semble s'être arrêtée au 18è siècle, ce que je reproche  d'ailleurs à Versailleset et qui me met mal à l'aise lorsque j'y vais. Certes Versailles est un musée, donc prenons le comme tel mais allons plus loin dans la visite.

Cela faisait quelques mois que je cherchais un guide de la ville, pour me vagabonder au gré du vent en ayant des explications intéressantes. Il y a très peu d'ouvrages à part les guides du château et de ses jardins. Mais cela change et j'ai au moins trouver 2 livres qui répondent à ma demande : Versailles, secret et insolite chez Parigramme (excellente collection pour ceux qui aiment les villes, Paris, l'architecture, l'histoire et les petites histoires), que je n'ai pas acheté mais sur lequel je lorgne ....


Et Secrets et mystères de Versailles chez Dervy, que je me suis procuré lors de ma déambulation au dernier Salon du Livre. Et je viens de le lire ... juste 3 mois après ...


Le livre est écrit par une historienne d'art, diplômée de l'Ecole du Louvre, Brünhilde Jouannic, qui a aussi écrit un livre sur ... le rock : Grandeur et décadence du rock. Cela présage d'une ouverture d'esprit intéressante pour raconter l'histoire d'une ville un peu enferrée dans son passé.

Le livre d'environ 300 pages est découpé en 10 chapitres (le château, la ville, les crimes, l'ésotérisme, la ménagerie ...) et se divise en chapitres racontant l'Histoire et les petites histoires. Le style est très clair, les illustrations à propos, les références historiques sont nombreuses bien sûr mais juste assez précises pour ne pas se sentir perdue. Cela en fait un livre accessible et plaisant.
Un format (20x10) qui permet de le glisser dans son sac et de partir à la découverte de la ville et du château en faisant des pauses historiques et agréables.
Dire que je ne suis passée devant la salle du Jeu de Paume il n'y a que 10 jours, ne sachant pas qu'elle était si proche de l'esplanade du château ...

On s'arrête sur les détails de la grille d'entrée, on redécouvre le lys, la lyre, le soleil et on aborde leur signification d'un point de vue historique et symbolique. C'est d'ailleurs ce qui fait l'intérêt de ce livre, c'est de ne pas s'arrêter à l'histoire mais d'aller plus loin dans la signification de l'architecture, des statues, de l'urbanisme ...

Evidemment quand on parcourt une ville et un château aussi chargé d'histoire, les secrets et mystères n'en sont pas moins nombreux : le jeu de paume, Campanella, les visions de Louis XIII, l'abbé Nollet, le Hope, les poisons, le Trianon, les jardins (qui demandent à livre à eux seuls), Landru ...

D'ailleurs connaissez-vous l'histoire du Hope, le diamant maléfique ?
Le Hope est un diamant d'un bleu saphir de 67 carats ! Il était la parure d'une idole hindoue dérobé par un prêtre et ramené en France en 1642 par un navigateur qui le présente à Louis XIV. Le roi l'achète et c'est le début des ennuis.
Fouquet l'emprunte et quelques temps après est désavoué et banni.
Louis XV en hérite et mourra dans d'atroces souffrances.
Puis Louis XVI et Marie Antoinette en deviennent propriétaires. On ne peut pas dire que cela leur a porté chance. La princesse de Lamballe le récupère après la mort de Marie Antoinette et sera décapitée et lynchée horriblement.
En 1830 on retrouve le diamant à Londres chez un banquier, Thomas Hope, qui meurt ruiné. Il est ensuite vendu à un français qui se suicidera. Un américain l'achète et périt avec toute sa famille en 1912 dans le naufrage du Titanic ...
Le diamant est ensuite propriété de la famille Cartier qui le vend (rapidement) à Evalyn Walsh McLean. La pauvre perdra son fils de 9 ans, sa fille de 25 ans et son mari finira sa vie en hopital psychiatrique. Aujourd'hui le diamant n'est plus porté, il est conservé au Smithsomian Institute.

Evalyn Walsh McLean

Ce livre est source d'Histoire et d'histoires. Chacun y trouve ce qui l'intéresse le plus et il est une très bonne introduction pour aller plus loin soit sur l'architecture du château, les jardins, l'ésotérisme, le symbolisme, ou encore la médecine royale ou les grands crimes (ça m'a presque donné envie de passer à Gambay voir la maison de Landru ...).

Ah, si Versailles métait conté ... et c'est le cas avec cet ouvrage
Kate Manzana


Secrets et mystères de Versailles -Brünhilde Jouannic - Ed Dervy - 315 pages - 22€


jeudi 24 mai 2012

Avec Clinique, t'as toujours 20 ans !

Amies quarantenaires, que celle qui ne s'est jamais levée avec des cernes lève le doigt ! Eh oui, entre trop de boulot, pas assez de sommeil, une vie frénétique, les courses, les enfants, les belles mères et autres tracas de la vie quotidienne, l'oeil n'est pas toujours à la fête ni des plus pétillants, le regard s'ombre parfois d'une vilaine teinte bleutée/mauve digne d'un boxeur professionnel qui n'a pas vu venir le coup droit.

Mais mais mais, Clinique (la marque de cosmétiques américaine) est là et veille au grain ! 

Depuis que je suis petite, et d'autant que je m'en souvienne j'ai toujours eu des cernes, et sur une peau bien claire, ça se voit d'autant plus ! Je suis fidèle donc à ce produit totalement magique qu'on appelle "l'anti-cernes", et après en avoir essayé plusieurs, dont le fameux et soit disant indétrônable "Touche éclat" de YSL, j'ai opté depuis une dizaine d'années pour le "Magic Concealer" de Helena Rubinstein. Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin, et notre histoire d'amour a pris fin il y a quelques semaines (le MG est top, mais un chouïa trop pâteux et pas très facile à travailler, tant au doigt qu'au pinceau).

Après avoir donc décidé que c'était fini entre nous, il a fallu se mettre en quête du nouveau postulant, et mon choix s'est porté sur le "Airbrush Concealer" de Clinique, après épluchage consciencieux d'avis sur le nets et d'essais (concluants, donc). 



Cet anti cernes a tout pour me plaire : d'abord, sa présentation, comme toujours chez Clinique, très hygiénique : le produit se délivre en tournant la molette et sort par le pinceau. Ensuite, le pinceau : bien biseauté, poils assez épais mais pas trop, il permet de bien cibler la zone d'ombre à illuminer. Paf paf paf, quelques petites touches de pinceau là où il faut (bien se regarder en face dans un miroir et n'appliquer le produit que sur les zones foncées - creux interne de l'oeil, cernes, pli naso-génien).

La formule est ultra light, le produit s'étale bien au doigt ou au pinceau (mais la texture a tendance à sécher assez vite, il faut donc y aller rapidos pour l'étaler). Pas d'effet oeil de panda, "Airbrush Concealer" camoufle juste ce qu'il faut sans effet plâtre ni Pierrot lunaire (bien choisir sa teinte, toutefois), le cerne fait moins le malin et le regard est tout de suite mis en valeur, le produit apporte  un je-ne-sais-quoi qui fait que le regard est plus vif sans pourtant qu'on puisse déceler pourquoi.

Si toutefois vous recherchez  un effet plus camouflant, passez votre chemin, le "Airbrush Concealer" est léger et ne corrige pas les petites imperfections (taches, rougeurs etc...). Le "Secret Camouflage" de Laura Mercier correspondra mieux à vos besoins. Pour ma part, cette légère correction suffit pour ouvrir le regard et effacer mes cernes tout en légèreté.

Comme j'ai le teint clair, j'ai opté pour la teinte n°4 Natural Fair (2 autres couleurs, 01 Light et 02 Medium sont trop foncées ou trop rosées).

Le petit tube n'est pas donné (25 euros) mais il duuuuuuuuure des mois, vu le peu de produit qu'il faut utiliser à chaque application.

Voilà, un petit secret beauté que je suis ravie de partager avec vous !


Pam Baileys


mardi 22 mai 2012

Le diable de Radcliffe Hall

Chers Pas-it-Blogeurs, vous m'avez manqué ! C'est dit ! Je sors un peu la tête de l'eau, mon déménagement est fait (oufff !), plus que quelques cartons à déballer, mais soyez rassurés, tous mes vernis sont bien rangés (par contre mes pauvres ongles survivent mal au déménagement, transport des cartons, nettoyage, récurage, ménage etc...).

J'ai quand même eu le temps de lire "Le Diable de Radcliffe Hall", de Stéphanie des Horts, parce que le bouquin traînait dans mon bureau un soir où je ne savais pas quoi lire, parce que pas le temps d'aller fureter en librairie.




Bon, tout le monde connaît bien maintenant ma prédilection pour la british way of life et tout ce qui touche, de loin ou de près, à la Couronne d'Angleterre.  Et avec ce roman, j'ai été servie !

Les Radcliffe, c'est une grande famille d'anglais, très fitzgeraldiens, tous complètement timbrés, une smala de dégénérés, vivant dans un vieux château jadis magnifique, tombé, faute d'argent, en ruine, chacun des occupants vivant encore dans le passé de la splendeur radcliffienne.

Il y a tout d'abord le très séduisant Chas Radcliffe et sa compagne Honor Lassiter, deux héros fougueux, immoraux au possible, imbibés de cocktails et adeptes de toutes les folies, Kissimmee Radcliffe, soeur de Chas, somptueuse créature à ses heures mannequin, l'Honorable Jude Radcliffe, frérot des deux cités, l'intello-poète-écrivaillon de la famille, Peter Radcliffe, le beau, veuf et très élégant patriarche, ainsi que quelques autres personnages tout aussi hauts en couleur, extravagants, loufoques, déjantés, tous au bord de la ruine, quelle soit financière ou personnelle, tous personnages à la dérive, mais une dérive très anglaise, c'est-à-dire très digne. Ah, on croise aussi la soeur de la Reine (Margaret) et Winston Churchill, dans des passages du roman absolument ahurissants !

Et puis l'élément américain : Maisie Kane, la très très très riche jeune américaine, orpheline et héritière de la colossable fortune de son père, venue par-delà les océans chercher un époux européen.

Maisie Kane est américaine, donc, mais aussi grosse, moche et très candide. Il n'en faut pas plus aux Radcliffe pour courtiser cette pucelle innocente, l'amadouer, flatter son ego (surdimensionné !), bref, l'amener en leur beau manoir poussiéreux afin de la faire cracher au bassinet. Et tout le clan Radcliffe s'y emploie. De flatteries en asservissement (la blonde replète américaine est si jeune et si maléable qu'on peut en faire tout, absolument tout ce qu'on veut), Maisie Kane entre peu à peu dans le clan et découvre peu ) peu ses cruautés, ses perversions, ses services à thé ébrechés, ses parties de chasses, son style de vie si suranné pour une jeune américaine.

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume des Radcliffe, et Maisie flaire vite le danger... mais s'adonne pourtant, sans broncher, à tous leurs caprices... Et oui, dans ce roman, le Diable n'est pas forcément celui que l'on croit, et ce petit roman doux-amer sonne bientôt comme  un sanglant thriller arrosé de crème anglaise.

Si l'intrigue n'est pas bien épaisse il n'en reste pas moins que ce roman est totalement croustillant, décadent et totalement amoral ! Chacun des personnages (qu'il soit anglais ou américain) rivalise de bassesse morale avec son voisin, c'est drôle et caustique, on grince des dents au fil de la lecture, on rougit, on est très choqué. C'est ici une Angleterre insoupçonnée que décrit Stéphanie des Horts, vue par le prisme d'une américaine pas moins dépravée que ses comparses britanniques.

Savoureux et acide comme  une tranche de cheese-cake ! Ames sensibles, s'abstenir !

"Le Diable de Radcliffe Hall" de Stéphanie des Horts (éditions Albin Michel - 296 pages - janvier 2012)


Pam Baileys

dimanche 20 mai 2012

A triffle my dear ?

Hello my friends !
Vous savez qu'on est en pleine saison des fraises et qu'il ne faut pas perdre de temps pour les déguster sous toutes leurs formes : nature, sucrées, avec un peu de crème, en lamelles, écrasées sur du pain ...

Je vais vous livrer une recette très simple, légère et qui fait son petit effet : le triffle à la fraise.


La liste de courses pour 4 coupelles
100 grs de fromage blanc
60 grs de mascarpone
25 grs de sucre glace (je pense que ça marche avec 20 grs de sucre)
400 grs de fraises (ça doit aussi être pas mal avec des framboises ou tout autre fruit d'ailleurs)
2 ou 3 petites meringues

La recette
1 - mélanger le fromage blanc avec le mascarpone et le sucre
2 - couper les fraises en 4
3 - répartie le mélange "fromage blanc" dans le fond des verrines
4 - Recouvrir de fraises
5 - Emietter grossièrement les meringues et parsemer sur les fraises

Et voilà ! facile non ?

Sur la photo ce sont des Speculoos à la place de la meringue, mais franchement c'est meilleur avec la meringue un peu croquante, d'autant qu'avec les fraises et la crème on ne sent pas le goût du Speculoos, dommage quand même ...
Donc j'ai réitéré à ma façon, mais j'ai oublié de prendre la 2e photo avant de manger le triffle ... ah la gourmandise ....

Franchement, n'hésitez pas, c'est délicieux et facile !
Kate Manzana

vendredi 18 mai 2012

Moonrise Kingdom

Ah ah ! pour une fois que je suis à la page cinématographique, ça se fête par un article sur le pas it blog les ami(e)s ! Avec Karl nous sommes allés voir le même jour que l'ouverture du festival de Cannes, le film projeté au Palais des Festivals : Moonrise Kingdom de Wes Anderson


On a hésité avec le film d'Audiard (De rouille et d'os) parce que jamais un film de Jacques Audiard ne nous a déçu, mais le côté mélo et Marion Cotillard ont eu raison de moi et je me suis rangé aux avis de Karl qui avait très envie de voir Moonrise Kingdom. De toute façon la séance était complète pour le Audiard .... que de toute façon j'irai voir quand même. CQFD.

Moonrise Kingdom ça parle de quoi ?
En 1965, sur une île de la Nouvelle-Angleterre (d'ailleurs l'ambiance du film est plus anglaise qu'américaine), Suzy et Sam, 12 ans, tombent amoureux et concluent un pacte : ils vont s'enfuir ensemble. Sam est scout, toute la troupe va partir à sa recherche, ainsi que les parents de Suzy, aînée d'une famille de 4 enfants. Les aventures commencent.

Wes Anderson est le réalisateur de La famille Tannenbaum, La vie aquatique, A bord du Darjeling limited, des films à l'univers un peu déjanté, proches du conte, avec un soin porté sur l'image et le son.
Dans Moonrise Kingdom, même recette : une ambiance unique avec des personnages attachants, un peu irréels comme des héros enfantins à qui il ne peut rien arriver de grave même si la gravité est en eux. Les enfants ont la maturité qui manquent à leurs ainés et la fraîcheur de leur jeunesse.
Les dialogues, faits de phrases courtes sans ostentation ni explications et discussions san fin, font mouche. Ils contribuent à cette atmosphère poétique.


Les 10 premières minutes j'ai eu un peu de mal. Les images sont léchées, très esthétiques, la caméra bouge pas mal. La mise en scène, les décors sont très étudiés et cela donne une impression de perfection un peu étouffante. Une fois passé cette introduction très visuelle, le réalisateur s'attarde sur les personnages et on s'attache vite à ses gens "hors du commun".

Il y a d'abord les 2 enfants : Sam (Jared Gilman) et Suzy (Kara Hayward).
Ils ont la gravité et la folie des enfants. Ils sont à la bascule de 2 mondes (enfant / adulte). Ils sont considérés comme "enfant à problème" mais juste incompris. Ils se trouvent et décident de ne pas se quitter. Ils se comprennent. Les 2 acteurs sont très touchants et très convaincants.


Et puis vient la star : Bruce Willis, le capitaine Sharp, celui qui doit retrouver les enfants.
C'est un homme taiseux, pas très intelligent mais humain. Bruce Willis a cette faculté de tourner dans des grosses productions des types inintéressants, voire vulgaires et de faire des films d'auteurs, en jouant toujours le "mec normal", faisant oublier ses muscles. Il est parfait.


Dans la même veine, on retrouve Edward Norton, le chef de troupe scout, celui qui perd Sam. Un prof de maths qui rêve d'être un grand chef scout, qui se donne des airs de commandant mais trop sensible.


Et enfin les parents de Suzy, Frances Mc Dormand et Bill Murray. Deux avocats un peu baba cool, qui se parlent avec un porte voix. Deux acteurs parfaits dans leur anti conformisme, leur finesse de jeu (même Bill Murray, si si ....). Ils donnent eux aussi vie à cette atmosphère particulière.


Très sincèrement, le film et l'histoire m'ont touchés. Certe ça n'est pas le chef d'oeuvre du siècle, mais le traitement si particulier du scenario (co écrit avec Roman Coppola, famille mythique du cinéma mondial, qui ne se prend pas au sérieux et reste accessible, j'ai mes sources ...), de la photo et du son, en font à se façon un petit chef d'oeuvre.
J'ai passé une 1h30 hors du temps, de la vie matérielle, de la crise économique, du 21e siècle, des querelles de bistrots, de mon travail, des projets où il faut faire gagner des millions à sa boîte : j'ai plongé dans un bain de fraîcheur, de douceur et d'humain.

Il me reste en mémoire une scène où Sam et Suzy sont sur une plage, un tourne disque passant une chanson de Françoise Hardy et une danse improvisée. Un moment de poésie et de drôlerie. Rien que pour ça je suis contente d'avoir vu ce film.



Pour la petite histoire, dans la salle de cinéma j'étais assise à côté d'un petit garçon de 8 ans environ au même prénom que mon Rudolf (plutôt rare), même physique aussi et qui a râlé parce que le film était en VO. Il boudait comme mon Rudolf sait si bien le faire ... j'avais un peu l'impression d'être avec lui.

Kate Manzana